El Watan 07 mai 2010
Boualem Sansal à Los Angeles !
Le premier festival littéraire franco-américain de la côte ouest des Etats-Unis se tiendra d’abord à Los Angeles, dans le quartier de Venice, le samedi 15 mai, puis à San Francisco le dimanche 16 mai.
Et c’est l’auteur algérien Boualem Sansal, « un des meilleurs représentants d’une nouvelle forme de littérature engagée pour le XXIe siècle », d’après les critiques littéraires, qui sera un des invités. A ses côtés, il y aura aussi Alain Mabanckou, Philippe Djian, Jean Rolin et Véronique Ovaldé. Le festival littéraire proposera aussi des lectures d’auteurs contemporains, en français et en anglais, par des écrivains, acteurs et actrices des deux pays. Les auteurs choisis pour cet événement sont tous déjà traduits et leurs œuvres disponibles, en partie ou totalement, aux Etats-Unis. Ils ont également tous un lien, une affinité littéraire avec la côte ouest et ses auteurs. Le principe du binôme (1 écrivain français - 1 écrivain américain) ayant fait ses preuves lors du Festival of New French Writing à New York en 2009.
Par Faten Hayed
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http://bibliobs.nouvelobs.com/20100611/19993/a-la-conquete-de-louest
De notre envoyé spécial en Californie
A la conquête de l'Ouest...
Par Grégoire Leménager
Le premier festival littéraire franco-américain de Los Angeles et San Francisco a invité cinq écrivains francophones, de Philippe Djian à Alain Mabanckou. Une percée sur un marché réputé imprenable ? Reportage
Los Angeles est une ville bizarre, où l'on vous répète qu'il est catégoriquement im-po-ssi-ble de se déplacer sans voiture.
Los Angeles est une ville bizarre. On vous y traite de « killer » quand vous allumez une Marlboro en sortant du restaurant. On se photographie à côté de Dark Vador sur Hollywood Boulevard. Et surtout on vous répète qu'il est catégoriquement im-po-ssi-ble de vous déplacer sans voiture. Parce qu'il a arpenté la planète sans jamais tenir un volant, Jean Rolin a donc choisi de s'y installer pour trois mois. L'auteur de « l'Explosion de la durite », 61 ans, est là depuis le 1er avril avec un projet qui ressemble à une blague : « Ecrire le livre d'un homme de mon âge et de mon style qui cherche à apercevoir Britney Spears.»
En attendant, assis à côté du sympathique romancier californien Richard Lange, il remporte un franc succès en racontant comment il « passe sa vie dans les transports en commun avec des femmes de ménage mexicaines, des handicapés et des démons qui parlent tout seuls.» Il vole même la vedette à l'étrange James Frey, qui vient de réussir l'impressionnante performance de psalmodier quelques pages de son dernier roman, « LA. Story », en articulant le moins possible.
La France peut être fière de Jean Rolin. Il ne croise pas Britney Spears tous les matins, mais ce week-end il fait partie des cinq écrivains mis en avant par Culturesfrance, l'agence chargée de notre rayonnement culturel, dans le cadre du Festival Vis-à-Vis, A Day With French & American Writers.
Sur la côte Ouest, c'est une première. L'événement a des dimensions nettement plus modestes qu'à New York, où l'année passée, de Frédéric Beigbeder à Emmanuel Carrère et Marjane Satrapi, une douzaine d'auteurs avaient participé au même type de rencontres. Mais à 10 000 kilomètres du Café de Flore, l'opération est aussi plus aventureuse. Installée pour une journée dans les galeries d'art de Venice, un des rares quartiers de la ville où l'on peut faire quelques pas sans être pris pour un extraterrestre, elle ressemble d'abord à un test pour mesurer son potentiel de séduction.
Le journaliste Olivier Barrot, qui anime la plupart des débats en assurant la traduction simultanée, ne manque d'ailleurs pas d'insister sur la diversité des talents retenus, la variété des générations, des styles et des origines. Il y a là le Franco-Congolais Alain Mabanckou, Renaudot 2006, qui enseigne depuis quatre ans à la prestigieuse University of California, Los Angeles (Ucla), coorganisatrice du festival ; Véronique Ovaldé, lauréate 2010 du prix des lectrices de « Elle » pour « Ce que je sais de Vera Candida » ; ou encore le romancier algérien Boualem Sansal, dont la présence semble particulièrement réjouir Dominic Thomas, chef du département des French Studies à l'Ucla :
« Un grand nombre des 2 000 étudiants qui suivent nos programmes s'intéressent surtout à la littérature postcoloniale et francophone : Mohammed Dib, Faïza Guène, Azouz Begag, Linda Lê, Ananda Devi, les auteurs haïtiens et québécois... Il est capital de montrer que la culture française est partout dans le monde ! »
Reste à savoir si l'on peut la faire sortir du campus et la promouvoir à deux pas de la plage d'« Alerte à Malibu » et du centre Muscle Beach cher à Schwarzenegger. Los Angeles est aussi une ville d'écrivains majeurs, souligne le consul David Martinon, qui vient de finir le dernier James Ellroy et vous cite les noms de Steinbeck, Bukowski, Chandler et John Fante. Mais inutile de chercher Jonathan Littell ou même Marc Levy dans la librairie de l'aéroport, plutôt bien pourvue : on n'y trouve guère qu'un exemplaire de Kundera et un autre de Muriel Barbery, la seule romancière française à figurer ici sur les listes des meilleures ventes depuis Catherine Millet, Michel Houellebecq et Irène Némirovsky [=> « La culture française bouge encore !»].
Rien de très étonnant au fond. Une récente étude donne une idée de l'imperméabilité du marché américain : entre 1997 et 2003, tandis que les éditeurs parisiens publiaient 37 000 oeuvres d'auteurs anglo-saxons, leurs homologues new-yorkais ne traduisaient que 640 titres du français. « Et malgré son Nobel, Le Clézio reste confiné dans les collections universitaires », vous rappelle encore « Professor Mabanckou » en cherchant ses étudiants des yeux.
L'homme en noir en train de causer, c'est Philippe Djian. Devant une centaine de personnes, il lit un passage d'« Impardonnables » avant de céder la place à un comédien américain qui en lit la traduction. « C'est très agréable, explique le romancier, visiblement ému. Etre traduit en anglais, c'est ce que beaucoup d'écrivains attendent. Surtout ceux de ma génération, qui ont été très marqués par la culture américaine.» On l'interroge cependant moins sur son livre, récemment publié aux Etats-Unis, que sur la prestation de Béatrice Dalle dans « 37°2 le matin », le film qu'avait tiré Jean-Jacques Beineix d'un autre de ses romans. Amusé, Djian esquisse une théorie :
« Je préfère le livre. En réalité, il n'y a pas à comparer, c'est le style qui compte : comme disait Céline, si vous voulez des histoires, il y en a plein les journaux. Ecrire, c'est comme le Canada Dry, ça ressemble à du cinéma, mais ça n'est pas du cinéma.»
Sourires dans l'assistance. Sauf chez cette dame qui soupire bruyamment : « Ah, ces écrivains français qui veulent faire des phrases... Ça m'ennuie !»
Le choc des civilisations n'ira pas beaucoup plus loin. « Hé, ça a l'air sympa », murmure quelqu'un après avoir écouté Véronique Ovaldé rendre hommage aux lapins et à Lewis Carroll en lisant « Déloger l'animal ». On écoute avec beaucoup d'attention Boualem Sansal, qui, avec le flegme d'un sage indien, présente son « Village de l'Allemand », censuré dans son pays et traduit ici sous le titre « The German Mujahid » : « C'est une histoire vraie, celle d'un officier SS devenu un héros de l'indépendance algérienne. Quant à la censure, c'est une question qui donne mal à la tête.» Et comme d'autres spectateurs, ce moustachu originaire du Nicaragua repartira avec un livre dédicacé : il ne connaissait aucun auteur en arrivant, mais il a été emballé par la façon dont Percival Everett a lu, en traduction, un passage hilarant de « Verre cassé » de Mabanckou.
Bien sûr, les plus intellos des écrivains américains, comme l'essayiste Norman Klein, vous citent les noms de Badiou et de Rancière. James Frey confesse son amour pour la France, où il s'est réfugié quand ses compatriotes l'ont violemment traité de « menteur » pour avoir fait passer une fiction pour un livre de souvenirs. Et dans « Zéroville » (publié chez Actes Sud), Steve Erickson met en scène un marginal qui rêve d'adapter Huysmans à Hollywood. Mais globalement la conquête de l'Ouest reste à faire dans un pays où le seul livre français vraiment connu du grand public est « l'Etranger » de Camus... qu'ici on prend volontiers pour un Américain. Et ce soir, Olivier Barrot ne cache pas son soulagement : « 350 personnes sont venues pour écouter des écrivains, français pour certains d'entre eux : ce n'était pas gagné d'avance... Je crois que nous pourrons revenir à Los Angeles.» Sans doute en 2012.
Demain, la suite du festival se jouera à San Francisco. On affichera complet dans la mythique librairie City Lights que fréquentaient Kerouac et Burroughs. Puis au Tosca, le bar préféré de Norman Mailer, Richard Brautigan et Jim Harrison, où deux écrivains de la région, amateurs de lait, reprocheront à Rolin d'apprécier Flannery O'Connor au prétexte que son oeuvre donne une image dépassée des Noirs. Tandis que, très gentleman, William T. Vollmann choisira de lire un de ses poèmes en prose où il est question d'une « putain marocaine » nostalgique de « son amour de Paris ». Dommage que Britney Spears ne soit pas passée par là : elle aurait pu apercevoir Jean Rolin et sa longue silhouette de cowboy solitaire.
Source: "le Nouvel Observateur" du 10 juin 2010.
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http://www.ambafrance-at.org/spip.php?article3598
Le lundi 19 avril 2010 à 19h devait être organisé, à la bibliothèque municipale de Vienne, une soirée littéraire autour de la sortie du livre « Le village de l’Allemand ou Le journal des frères Schiller » de Boualem Sansal, Grand Prix de la Francophonie 2008, paru aux éditions Gallimard.
Son ouvrage nous raconte l’histoire de deux frères, Rachel et Malrich, nés de mère algérienne et de père allemand. En 1994, le GIA massacre une partie de la population de leur village ainsi que leurs parents. Après le deuil vient une douleur bien plus atroce en découvrant le passé nazi de leur père.
En raison des perturbations dans le trafic aérien, la rencontre littéraire avec l’écrivain algérien Boualem Sansal, prévue ce 19 avril à la Hauptbücherei Wien, n’aura pas lieu. Nous nous excusons de cette annulation auprès de notre public et nous efforcerons d’inviter de nouveau Boualem Sansal à une date ultérieure.
Lundi 19 avril 2010, 19h
Hauptbücherei am Gürtel
Urban Loritz-Platz 2a, 1070 Wien
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http://www.ville-ecully.fr/Boualem-Sansal-fait-partager-sa.html
Boualem Sansal fait partager sa révolte contre l’intolérance (Photo: DR)
Grosse affluence mardi 30 mar

s [2010]à la Médiathèque [d’Ecully] où plus de 120 personnes sont venues rencontrer l’écrivain algérien Boualem Sansal. Scientifique de formation, ingénieur, haut fonctionnaire dans son pays, il s’est mis à écrire en réaction à la violence qui a déferlé sur l’Algérie en 1991. « J’ai vu mon pays basculer dans la guerre civile, la folie et mon premier roman a été une façon de combattre cette violence en essayant d’en comprendre les causes ».
Quand d’autres ont quitté l’Algérie, comme 400 000 cadres entre 1991 et 2001, Boualem Sansal a choisi de rester et de combattre par ses écrits. C’est depuis une constante ; avec virulence, inventivité, dans une langue magnifique comme ne manqueront pas de le souligner les lecteurs présents, Boualem Sansal n’a de cesse de dénoncer la faillite de son pays, l’intolérance, les extrémismes.
L’écrivain a expliqué aussi sa découverte dans les années 80, dans l’arrière pays algérien, du « village de l’Allemand », appelé ainsi car y vivait un ancien officier nazi, recruté ensuite par le F.L.N. et devenu une sorte de héros local. Ce sera le point de départ de 20 années de recherches sur le nazisme et la Shoah, qui marqueront la vie de Boualem Sansal et déboucheront sur son dernier roman « Le village de l’Allemand » qui a reçu en 2008 le grand prix RTL-Lire.
« Ce qui m’importe surtout, c’est de savoir si nous sommes responsables de cette histoire dont nous héritons, et de savoir qu’en faire » explique-t-il. Boualem Sansal écrit ainsi pour dire la nécessité de transmettre ce que nous connaissons, « pour ne pas que les jeunes d’aujourd’hui, en rupture avec l’écrit, souvent avec la famille, se prennent un jour cette histoire en pleine figure ».
Une rencontre enrichissante, presque trop courte, avec un homme de conviction à la parole libre et prolifique, que le public a pu prolonger dans la convivialité autour d’un thé à la menthe et d’une assiette de taboulé.
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http://www.ambafrance-ca.org/spip.php?article3144
Boualem Sansal au Ottawa International Writers Festival
L’écrivain algérien Boualem Sansal, auteur du roman Le Village de l’Allemand (Gallimard, 2008) participera à la table ronde consacrée à la « nouvelle fiction islamique » le samedi 24 octobre [2009] à 16h
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